Description du projet

Idylle sur la paix

« Divertissement » pour la plus belle fête jamais donnée  à la gloire du Roi Soleil

Composée sur un poème de Jean Racine (1639 – 1699), à l’occasion de la venue de Louis XIV à Sceaux, chez le marquis Jean-Baptiste de Seignelay, fils de Colbert (décédé en 1683), l’Idylle sur la Paix ou Idylle de Sceaux fait référence à la trêve de Ratisbonne, signée le 15 août 1684, et présente le roi en héros et sauveur de la paix.

Elle se compose de récits, airs, chœurs et danses, et se termine par une chaconne. Elle fut exécutée dans l’orangerie de Sceaux, le 16 juillet 1685.

Direction

Patrick Cohën-Akenine

Interprètes

  • 6 solistes
  • Chœur
  • avec l’orchestre des « Violons du Roy » , 30 musiciens :
    • 4 dessus de violons
    • 3 hautes-contre de violons
    • 3 tailles de violons
    • 2 quintes de violons
    • 4 basses de violons
    • 1 clavecin
    • 2 théorbes
    • 1 viole de gambe
    • 1 basse de viole
    • 2 hautbois
    • 2 flûtes à bec
    • 2 traversos
    • 2 bassons
    • 1 percussion

Du fait des fonctions qu’il occupait à la cour, mais aussi de sa notoriété, Jean-Baptiste Lully fut en 1685 sollicité pour toutes les manifestations exceptionnelles, qu’on organisait dans les résidences royales et chez les grands personnages de l’État, désireux d’accueillir avec faste le souverain dans leur demeure.

Au mois de juillet, Louvois et le fils de Colbert, le marquis de Seigneley, invitèrent Louis XIV, l’un à Meudon, l’autre à Sceaux.

Les interprètes de l’Académie de musique participèrent, le 16 juillet, à la seconde fête, considérée comme la plus belle qu’on offrit au souverain. Seigneley aimait le luxe et ne lésina pas sur les moyens. D’après l’envoyé du Grand Electeur de Brandebourg, Ézéchiel Spanheim, il dépensa plus de 100 000 livres pour « le divertissement d’un jour ».

Rien ne fut épargné pour ces réjouissances : pour le souper présidé par Louis XIV et le dauphin, on fit venir des endroits les plus éloignés de France les mets les plus délicats, des « liqueurs exquises », des « fruits nouveaux ou hors saison ». Berain excella dans les illuminations des Jardins et l’on poussa le raffinement jusqu’à prévoir des éclairages tout le long de la route de Sceaux à Versailles, afin de rendre plus magique le retour des convives dans la nuit.

Le rôle de Lully fut loin d’être négligeable : il composa pour la circonstance, sur des paroles de Racine, une «petite espèce d’opéra», L’idylle sur la paix, et on le chanta « sans habits de théâtre », comme on le faisait « aux appartements de Versailles ».Ce concert fut néanmoins exécuté sur une scène qu’on avait dressée dans l’Orangerie du parc.

Malgré des vers à la gloire du monarque, Lully aurait, selon le maquis de Sourches, surpassé le poète. Et le mémorialiste d’ajouter : « le Roi trouva sa musique si agréable qu’il en fit recommencer une bonne partie ».

Il s’agit d’un « divertissement » ou plus exactement d’un grand Hymne à la gloire de Louis XIV et à la paix. Le livret de L’idylle sur la paix n’offre pas de structure en actes, en scènes ou en entrées. Aucun personnage n’est même mentionné. Les interventions chantées sont seulement précédées par des indications telles que « récit », « air », « à deux », « le chœur ». Tout semble avoir été conçu pour un concert.

Extraits bibliographiques : Jean-Baptiste Lully

 par Jérôme de La Gorce, éditions Fayard.

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